A la découverte de Claire

... et de ses soeurs

avec ses Ecrits, et les réactions de quelques soeurs
Claire et l'Eglise
Pour Claire, l'Eglise n'est pas d'abord une institution, mais d'abord et surtout un corps dont le Christ est la tête, et chacun de nous un membre de ce corps.

Pour elle, vivre en clôture ne signifie pas se couper du monde pour s'en désolidariser. Bien au contraire ! Elle a conscience que son coeur à coeur quotidien avec le Seigneur lui permet d'intercéder pour tous et toutes. Particulièrement pour toutes celles et ceux qui sont affecté.es par le poids de la vie.

Ainsi, écrit-elle à Agnès de Prague, pour l'encourager :

"Je te considère comme une auxiliatrice de Dieu même et celle qui soulève les membres succombants de son corps ineffable."

3LAg 8

Quand à ses relations avec le Clergé, et en particulier, le pape, celles-ci sont faites de confiance, d'obéissance et aussi de fermeté.

Claire suit les exemples de François. Dès le début de sa vie religieuse, elle souhaite le soutien de l'Eglise et demande au Pape d'approuver leur forme de vie en Très Haute Pauvreté, et ce dès 1216.

 

Le Pape d'alors qui est prêt à l'assister financièrement, devant une telle demande rit...
... et finit par signer le papier qui accorde le privilège, à Claire et ses soeurs, de n'avoir AUCUN privilège, si ce n'est celui de la Très haute pauvreté.
Une autre fois, plus tard, le Pape décida que les Frères Mineurs ne pourraient plus avoir accès aux monastères de clarisses, sans sa permission expresse.
Claire s’affligea alors de ce que les soeurs auraient trop rarement la nourriture de l’enseignement sacré et dit en gémissant : « Qu’il nous enlève maintenant tous les autres frères, après nous avoir enlevé ceux qui nous offrent la nourriture
vitale ! »

Elle renvoya aussitôt tous les frères au ministre, refusant d’avoir des aumôniers qui aillent chercher le pain du corps alors qu’elle n’avait plus d’aumôniers pour le pain de
l’esprit.

Vita 37

Devant ce début de "grève de la faim", le Pape revint alors sur sa défense et remit toute l'affaire entre les mains du Ministre Général, responsable des frères mineurs.
Quand il sembla que Claire après des années de maladie, allait bientôt mourir, le Pape fut prévenu, et se précipita au monastère pour l'assister et la conforter dans ses derniers instants.
Voici le récit qu'en fait son biographe, Thomas de Celano :

Le seigneur Innocent IV de sainte mémoire vient en hâte, en compagnie des cardinaux, visiter la servante du Christ et, comme il
avait éprouvé que sa vie surpassait celle des femmes de notre temps, il n’hésite pas à rendre vénérable sa mort par la présence
papale. Après être entré dans le monastère, il se dirige vers sa couchette et approche de la bouche de la malade sa main à baiser. Elle la prend très gracieusement et réclame de baiser, avec la plus grande révérence, le pied du successeur des apôtres. Montant sur un escabeau de bois, le seigneur de la curie lui tend courtoisement un pied, sur lequel elle imprime au-dessus et en dessous des baisers et incline avec révérence le visage.
Puis, avec une expression angélique, elle demande au souverain pontife la rémission de tous ses péchés. Tout en disant :« Fasse le Ciel que je n’aie besoin que d’un tel pardon ! », il lui impartit la faveur d’une absolution totale et la grâce d’une large bénédiction.

 

Alors que tous se retirent, comme ce jour elle avait reçu de la main du ministre provincial l’hostie sacrée, les yeux levés au ciel et les mains jointes vers Dieu, en larmes elle dit à ses soeurs :

« Louez le Seigneur, mes petites filles, car aujourd’hui le Christ a daigné m’accorder un bienfait tel que le ciel et la terre ne suffiraient à le compenser : aujourd’hui, dit-elle, j’ai reçu le Très- Haut lui-même et mérité de voir son vicaire. »

Vita 41-42