A la découverte de Claire

... et de ses soeurs

Le sens de la clôture
La vie en retrait, la clôture... = être confinée toute l'année, H 24 ?
Par delà la clôture : la ville
Pour comprendre comment Claire envisageait la vie en retrait, en clôture, et comment nous l'envisageons aujourd'hui à sa suite, ces extraits de nos Constitutions sont très éclairants.
Il s'agit d'abord d'un choix. Claire ne s'est pas faite enfermer contre son gré, ni faute de mieux :

Art. 46 - Notre Mère sainte Claire "fut la première de l'Ordre des Dames recluses". Elle choisit cette vie de solitude rigoureuse qui se nourrit de Dieu seul. A dix-huit ans, "la vierge Claire alla s'enfermer dans un logis exigu", à Saint-Damien, "par amour de son céleste époux ... Dans cette étroite cellule de recluse, durant quarante-deux ans, elle brisa l'albâtre de son corps sous les coups redoublés de l'ascèse, et toute la maison Eglise fut remplie de l'odeur du parfum".
C'est un choix libre, animé par un profond amour du Seigneur, par le désir de répondre pleinement à Son appel, à se donner toute entière.
Art. 47 - La vie en clôture pour Claire et ses sœurs est née du désir d' "aimer totalement celui qui pour notre amour s'est donné tout entier" et "de ne rien avoir sous le ciel" . [...] Claire voulut "habiter recluse de corps" et "renoncer à certains biens que la société considère comme de très haute valeur, pour choisir, avec la pleine liberté des enfants de Dieu, une forme de vie qui ne s'attache dans la pratique qu'au Christ seul et aux choses d'en haut".

il ya de la vie sur notre mur de clôture !

Ce retrait est paradoxalement fécond et signifiant ; il est témoignage : oui Dieu est si grand qu'on peut donner sa vie pour Lui.
Art. 48 - "Claire vivait cachée, mais sa vie était connue de tous ; Claire se taisait, mais sa renommée retentissait ; elle restait enfermée dans sa cellule, mais on parlait d'elle dans les villes". De fait, cette vie claustrale revêt une importance majeure comme signe et témoignage. Remplies de l'Esprit du Seigneur, les sœurs peuvent être témoins d'un "autre monde", du monde de Dieu et de sa grâce, de sa fidélité, de sa patience et de sa miséricorde. Que les sœurs, cependant, n'annoncent pas au monde seulement le but à atteindre, c'est-à-dire la vie du monde à venir, qu'elles montrent aussi le chemin qui y conduit.
Enfin ce retrait, cette clôture, est un moyen de vivre vraiment une vie donnée à Dieu, dans la prière.
Art. 49 - § 1. Par la garde de la clôture, les sœurs veulent mener "dans la solitude une vie intense de prière", car un plus grand recueillement et le silence "facilitent et rendent plus sûre la rencontre avec Dieu dans l'oraison". Elles trouvent ainsi la force de répondre pleinement à leur vocation, puisque "la clôture est une aide des plus efficaces pour la vie contemplative". La clôture est donc à considérer comme un moyen d'ascèse particulièrement adapté à la vocation propre des sœurs, comme "signe, protection et modalité particulière de leur séparation d'avec le monde".
Au sein de la clôture, il y a l'espace nécessaire pour se détendre et marcher