A la découverte de François

... et de ses frères

avec ses Ecrits, les Biographies, et les réactions de quelques frères & soeurs

Entre retrait et espace...

le dilemme de François

On associe assez naturellement François et ses frères, à l'idée d'un groupe de frères joyeux, sociables, sur les routes, au contact de tous, étant partout chez eux...

La réalité est plus complexe : la Très haute Pauvreté, avec le souhait de ne rien posséder, est constante chez les frères, (elle est même leur épouse) mais elle va être comprise différement selon les aspirations et besoins de chacun. Ainsi les frères ne possèdent rien, ils n'ont rien à eux. Pas de bâtiments, pas de couvents... donc pas de clotûre... sauf que... ce qui est possible pour un petit groupe, ne l'est pas pour des milliers de frères qui doivent s'organiser.

Dame Pauvreté rend visite aux frères, qui l'accueillent chez eux... le repas est très frugal : quelques herbes cueillies dans la forêt, de l'eau de la rivière. Elle se repose après le repas, sur la terre nue avec une pierre pour oreiller.

" A son lever, elle demanda qu'on lui montrât le cloitre. Ils la menèrent sur une colline et lui firent admirer un panorama splendide.

- Madame, dirent-ils, voici notre cloitre."

dans le Sacrum Commercium

Vue de l'ermitage de Poggio Bustone
Il y a donc un idéal, et une réalité. Ces tensions existaient déjà du vivant de François. Il les a connues pour lui même : devait-il aller sur les routes ou bien rester dans un lieu retiré, un ermitage, pour se consacrer uniquement à la prière ?
une cabane des frères, aux Caceri, à Assise
François, pour en avoir le coeur net, demande la lumière et les prières de 2 spécialistes de la contemplation, frère Sylvestre et Claire et ses soeurs.. Ceux-ci se mirent aussi tout de suite à l'ouvrage et prièrent à cette intention. Sans s'être concertés, ils firent parvenir à François cette réponse : tu es fait pour la prédication.
François le coeur apaisé put repartir sur les routes.
François alla donc de part le monde pour prêcher mais il garda toujours une profonde intériorité. On pourrait dire un "côté ours". En fait ce qui animait profondément François, c'est d'être toujours uni au Seigneur. C'est pourquoi le retrait, le silence, les endroits déserts, l'attiraient tant.

" Pour s’unir à Dieu de toute son âme et pour y faire participer aussi plus facilement tout son corps, il recherchait la solitude.

Surpris en public par une visite du Seigneur, il faisait de son manteau sa cellule et plus d’une fois, faute de manteau, se cachait le visage derrière sa manche, pour ne pas livrer à tous la manne cachée.

Il se dérobait toujours d’une manière ou d’une autre aux regards des personnes présentes afin de ne rien dévoiler de la visite de l’Epoux, si bien que même plongé au coeur d’une foule trépidante, il priait sans être vu."

2 Celano 94