Florilège

petit partage des textes qui me font vivre ! ;-)

une soeur clarisse

De la correspondance de Claire, il nous reste 5 lettres, dont 4 envoyées à Agnès de Prague.

Claire est tellement imprégnée par sa méditation du Christ qu'elle ne peut s'empêcher de la partager à sa destinataire.

Voici un petit bouquet de textes où elle parle de son "Bien-Aimé", le Christ.

Heureuse celle à qui est accordée cette intimité du banquet divin !

Heureuse si elle aime de tout son cœur Celui dont la beauté fait l'admiration des anges pour l'éternité,

Celui dont l'amour rend plus heureux et la contemplation plus fort,

Celui qui nous comble de sa bonté, qui nous imprègne de sa douceur, et dont le souvenir est si lumineux et si doux à notre âme,

Celui dont le parfum fait revivre les morts et dont la vision comble de bonheur les habitants de la Jérusalem céleste,

puisqu'il est la splendeur de la Gloire éternelle, l'éclat de la Lumière sans fin et le miroir sans tache.

(4e Lettre, 9-14)

Claire s'émerveille de tous les bienfaits que la contemplation de Jésus provoque dans notre et dans notre âme.
Prenons le temps de savourer et de méditer chaque phrase...

Claire aime particulièrement contempler Jésus dans sa Passion, sur la Croix.
"Regarde-Le, médite-Le, contemple-Le", nous dit-elle dans une autre de ses lettres, et "tu participeras pour toujours à la gloire du Royaume des cieux".
Alors, n'hésitons pas : regardons-Le !

C'est au Christ pauvre que, vierge pauvre, tu dois rester attachée.

Vois comme il s'est rendu, pour toi, objet de mépris, et suis-le en te faisant, toi aussi, par amour pour lui, objet de mépris pour le monde.

Ton époux, le plus beau des enfants des hommes, qui est devenu, pour te sauver, le dernier des humains, méprisé, frappé, tout le corps déchiré à coups de fouets, mourant enfin sur la croix dans les pires douleurs : regarde-le, illustre reine, médite-le, contemple-le et n'aie d'autre désir que de l'imiter !

Si tu souffres avec lui, tu régneras avec lui ; si tu pleures avec lui, tu partageras sa joie ; si tu meurs avec lui au milieu des tortures de la croix, tu iras prendre possession des demeures célestes dans la splendeur des saints, ton nom sera inscrit au livre de vie et deviendra glorieux parmi les hommes, tu participeras pour toujours et dans l'éternité à la gloire du royaume des cieux pour avoir abandonné des biens terrestres et éphémères, et tu vivras dans les siècles des siècles.

(2e Lettre, 18-23)

Claire ne se contente pas de contempler Jésus sur la croix. Elle le contemple dès le début de sa vie, à la Crèche. Elle le contemple aussi durant sa vie publique. Claire se plaît à comparer le Christ à l'image reflétée par un miroir... et elle nous invite à devenir nous-mêmes ce miroir et à refléter le Christ dans nos vies, afin de le montrer aux autres et leur donner envie de croire et d'expérimenter cet Amour en plénitude dans leur propre vie.

Ce miroir reflète la bienheureuse pauvreté, la sainte humilité et l'ineffable amour : c'est là ce que tu pourras découvrir, avec la grâce de Dieu, sur toute la surface de ce miroir.

En haut du miroir, en effet, voici la pauvreté de l'Enfant couché dans la crèche et enveloppé de quelques méchants langes, humilité admirable et stupéfiante pauvreté : le Roi des anges, maître du ciel et de la terre, repose dans une mangeoire d'animaux !
Au milieu du miroir, considère l'humilité, c'est-à-dire la bienheureuse pauvreté, les fatigues sans nombre et les injures qu'il a subies pour la rédemption de l'humanité.
Enfin, au bas du miroir, contemple l'ineffable amour qui l'a conduit jusqu'à vouloir souffrir sur le bois de la croix et à vouloir y mourir du genre de mort le plus infamant qui soit.

Et ce miroir - Jésus - ,du haut de la croix, attirait l'attention des passants sur ce qui devait faire l'objet de leur contemplation :
O vous tous qui passez sur le chemin, arrêtez-vous et voyez s'il est une douleur semblable à la mienne ! [...]

Puises-tu, reine du Roi du ciel, être chaque jour davantage embrasée de la ferveur de cet amour !

Contemple encore l'indicible bonheur, les richesses et les honneurs sans fin qu'il procure, et tu lui crieras, de toute l'ardeur de ton désir et de ton amour :
"Prends-moi avec toi, mon époux céleste,"

(4e Lettre, 18-32)

Pour retrouver intégralement les Ecrits de Claire, c'est ici.