Rencontre de François avec les lépreux
Voici comment le Seigneur me donna, à moi frère François, la grâce de commencer à faire pénitence. Au temps où j'étais encore dans les péchés, la vue des lépreux m'était insupportable. Mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux ; je les soignais de tout mon cœur ; et au retour, ce qui m'avait semblé si amer s'était changé pour moi en douceur pour l'esprit et pour le corps. (Testament de François)

De toutes les misères et infirmités, c'était la lèpre que François avait naturellement en horreur le plus au monde. Or, un jour qu'il se promenait à cheval aux environs d'Assise, voici qu'il rencontra un lépreux. Malgré son immense dégoût et l'horreur qu'il éprouvait, il ne voulut ni transgresser l'ordre reçu ni violer son serment, car il avait donné sa foi : il sauta de cheval et s'approcha pour embrasser le malheureux. Celui-ci, qui tendait la main pour une aumône, reçut avec l'argent un baiser. François remonta en selle, mais il eut beau, ensuite, regarder de tous côtés - aucun accident de terrain ne gênait pourtant la vue - il ne vit plus le lépreux.*

Plein d'admiration et de joie, il renouvela peu après son geste : il visita l'hôpital des lépreux, distribua de l'argent à chacun d'eux et leur baisa la main et la bouche. Voilà comment il préféra l'amertume à la douceur et, vaillamment, se prépara aux exigences qui allaient suivre. (2 Cel 9)

* Pour le biographe (contemporain de François) et selon le style de son temps, cela ne veut pas dire pas que le lépreux n'était pas réel mais cela signifie que c'est le Christ lui-même que François avait rencontré dans le lépreux.