Le Notre Père
 

À la manière du Moyen-âge, ce texte reprend chaque verset du Notre Père pour le commenter. On connaît l’importance que François attachait à cette prière. Dans ses règles, il prescrit la récitation d’un certain nombre de Notre Père pour ceux qui ne savaient ni lire ni écrire ; au début de l’Ordre, cet Office des Pater était celui de tous les frères lorsqu’ils n’avaient pas la possibilité de se joindre à un prêtre pour célébrer l’Office liturgique, car eux-mêmes n’avaient pas encore de bréviaire. Enfin, François a introduit le Notre Père dans l’Office qu’il a lui-même composé. On découvre dans ce texte toute la richesse de la relation de François avec le Père des cieux.


1 Notre Père
très saint, notre créateur, notre rédempteur, notre consolateur et notre sauveur.

2 Qui es aux cieux
dans les anges et dans les saints :
Tu les illumines pour qu’ils te connaissent car tu es, Seigneur, la lumière ;
Tu les enflammes pour qu’ils t’aiment, car tu es, Seigneur, l’amour ;
Tu habites en eux et les combles de bonheur, car tu es, Seigneur, le bien souverain et éternel, de toi provient tout bien et sans toi il n’est aucun bien.

3 Que ton nom soit sanctifié
Que devienne lumineuse en nous la connaissance que nous avons de toi afin de connaître :
la largeur de tes bienfaits,
la longueur de tes promesses,
la hauteur de ta majesté,
la profondeur de tes jugements.

4 Que ton règne vienne
Que tu règnes en nous par ta grâce et que tu nous fasses parvenir dans ton Royaume où
ta contemplation sera sans ombre,
notre amour pour toi sera parfait,
ta compagnie sera source de bonheur,
jouir de toi sera sans fin.

5 Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel
Que nous t’aimions
de tout notre cœur en pensant toujours à toi,
de toute notre âme en te désirant toujours,
de tout notre esprit en dirigeant vers toi toute notre attention et en recherchant en tout ton honneur,
de toutes nos forces en dépensant toute notre énergie et toutes les facultés de notre âme et de notre corps au service de ton amour et de rien d’autre.
Que nous aimions nos proches comme nous-mêmes
en les attirant tous à ton amour, selon nos possibilités,
en nous réjouissant du bien des autres comme du nôtre ;
en compatissant à leurs malheurs,
en ne causant aucun mal à personne.

6 Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour
ton Fils bien-aimé, Notre Seigneur Jésus-Christ,
afin de nous souvenir, comprendre et vénérer l’amour qu’il nous a témoigné et ce qu’il a dit, fait et souffert pour nous.

7 Pardonne-nous nos offenses
par ta miséricorde inexprimable,
par la vertu de la Passion de ton Fils bien-aimé,
par les mérites et l’intercession de la très bienheureuse Vierge et de tous les élus.
8 Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés
Et ce que nous ne pardonnons pas pleinement, toi, Seigneur, fais que nous le pardonnions pleinement ; de sorte que
nous aimions vraiment nos ennemis à cause de toi,
nous intercédions pour eux avec ferveur auprès de toi,
nous ne rendions à personne le mal pour le mal,
mais qu’en toi nous nous empressions de faire du bien à tous.

9 Et ne nous soumets pas à tentation
qu’elle soit cachée ou évidente, soudaine ou violente.

10 Mais délivre-nous du mal
passé, présent et futur.

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen !

in : Puiser à la source d’Assise, Les Écrits de saint François et de sainte Claire ;
nouvelle traduction, notes et index par sr. Catherine Savey, clarisse,
avec la collaboration de fr. Gérard Guitton, franciscain ;
Les Éditions Franciscaines ; PARIS ; 2013.

 

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