2015, année de la vie consacrée.

Oui, et alors ?

Cette page (toujours en perpétuelle construction) se veut être le moyen de vous partager ce que nous sommes appelées à vivre (cadres orange), en partant de ce que nous demande le Pape dans sa lettre écrite aux consacrés (cadres jaune pâle) en cette année de la vie consacrée, et en nous appuyant sur ce que nous dit Sainte Claire dans ses écrits (cadres blancs).

3 objectifs :

"Regarder le passé avec gratitude"

Le Pape nous demande : "Que chaque famille charismatique se souvienne de ses débuts et de son développement historique, pour rendre grâce à Dieu".

Claire nous dit :
"Souviens-toi de ta vocation et, comme une seconde Rachel, remets-toi toujours en mémoire les principes de base qui te font agir" (2e Lettre à Agnès de Prague, 11).
"Nous avons la stricte obligation d'abord de bénir le Seigneur et de lui en reporter toute la gloire" (Testament 6).
Et nous ?
Rares sont les jours où nous ne citons pas Sainte Claire ou Saint François ou des soeurs déjà au ciel, au cours de nos échanges en communauté.
Nous faisons mémoire des anniversaires d'entrée, de vêture, de profession de chaque soeur, rappel pour chacune de la ferveur de ses premiers jours et stimulant pour ceux qui viennent.
Nous bénissons le Seigneur chaque matin aux Laudes - avant le Notre Père - pour tout ce que le Seigneur fait de bon et de beau dans le monde et dans nos vies.
Le Pape nous demande : "Que cette année de la vie consacrée soit une occasion pour confesser avec humilité et grande confiance dans le Dieu Amour sa fragilité".
Lorsque le monastère est assailli par les sarrasins, Claire se place entre eux et ses soeurs, avec le Saint Sacrement dans les mains et prie ainsi le Seigneur : "Garde, je t'en prie, ces servantes qui sont tiennes, que je ne peux moi-même garder en l'instant présent" (Légende de Sainte Claire 13,22).
Et nous ?
Très souvent, personnellement, nous nous rendons compte que nous sommes fragiles, que nous ne savons pas aimer comme nous le devrions et nous nous remettons entre les mains aimantes du Seigneur.
En communauté, le pardon demandé et reçu (entre les soeurs et dans le Sacrement du Pardon que nous pouvons recevoir tous les 15 jours) est un signe de ce Dieu qui nous aime infiniment avec nos fragilités.

"Vivre le présent avec passion"

Le Pape nous dit : "Pour les Fondateurs et les Fondatrices, la règle en absolu a été l'Evangile, tout autre règle voulait être seulement une expression de l'Evangile et un instrument pour le vivre en plénitude. Leur idéal était le Christ, adhérer à lui entièrement, jusqu'à pouvoir dire avec Paul : 'Pour moi, vivre, c'est le Christ' (Ph 1,21) ; les voeux avaient du sens seulement pour mettre en oeuvre leur amour passionné".

Claire nous dit :
"La forme de vie de l'Ordre des pauvres Soeurs, fondé par saint François, est celle-ci : Observer le saint Evangile, en vivant dans l'obéissance, sans aucun bien propre, et dans la chasteté" (Règle de Claire 1,1-2).
"Conservez au coeur le brûlant désir de vous unir au Christ pauvre et crucifié" (1e Lettre à Agnès de Prague, 13)
Et nous ?
Je crois que nous avons toutes au coeur ce désir d'union au Christ et nous cherchons toutes, pour cela, à nous conformer à ce que nous demande l'Evangile. Bien sûr, nous restons humaines et pleines de défauts, mais notre idéal d'union parfaite au Christ ne cesse de brûler dans nos coeurs.
Le Pape nous dit : "La question que nous sommes appelés à nous poser est de savoir si nous aussi nous nous laissons interpeller par l'Evangile et comment ; s'il est vraiment le vademecum pour notre vie de chaque jour et pour les choix que nous sommes appelés à faire. Il est exigent et demande à être vécu avec radicalité et sincérité. Il ne suffit pas de le lire (même si la lecture et l'étude restent d'extrême importance), il ne suffit pas de le méditer (et nous le faison avec joie chaque jour). Jésus nous demande de le mettre en oeuvre, de vivre ses paroles".

Claire nous dit :
"La forme de vie de l'Ordre des pauvres Soeurs, fondé par saint François, est celle-ci : Observer le saint Evangile, en vivant dans l'obéissance, sans aucun bien propre, et dans la chasteté" (Règle de Claire 1,1-2).
"Si la postulante est capable de cette vocation, qu'on lui dise la parole du saint Evangile : qu'elle aille, vende tous ses biens, et en distribue aux pauvres le produit ; si elle ne peut le faire, la bonne volonté lui suffit" (Règle de Claire, 2,4).

"Regarde Jésus, médite-le, contemple-le et n'aie d'autre désir que de l'imiter" (2e Lettre à Agnès de Prague, 20)

Et nous ?
Nous avons, tous les jours, presque 1h30 d'oraison (un temps le matin et un autre le soir) et un temps de lecture spirituelle. Ce sont des moments importants pour nous rebrancher sur le Seigneur, sur l'Ecriture. Moment important aussi pour recharger nos batteries et ainsi, essayer de mettre en oeuvre ce que nous avons médité et reçu.
Le Pape nous dit : "Nous devons nous demander encore : Jésus est-il vraiment notre premier et unique amour, comme nous nous le sommes proposés quand nous avons professé nos vœux ? C'est seulement ainsi que nous pouvons et devons aimer dans la miséricorde chaque personne que nous rencontrons sur notre chemin, parce que nous aurons appris de lui ce qu'est l'amour et comment aimer : nous saurons aimer parce que nous aurons son cœur même".
Claire nous dit :
"Place ton esprit devant le miroir de l'éternité, laisse ton âme baigner dans la splendeur de la Gloire, unis-toi de cœur à Celui qui est l'incarnation de l'essence divine, et, grâce à cette contemplation, transforme-toi tout entière à l'image de sa divinité. Tu arriveras ainsi à ressentir ce que seuls perçoivent ses amis ; tu goûteras la douceur cachée que Dieu lui-même a, dès le commencement, réservée à ceux qui l'aiment" (3e Lettre à Agnès de Prague).
Et nous ?
Contempler Jésus est ce qui devrait être notre moteur. En sommes-nous vraiment conscientes ? Je crois que oui. Nous ne pouvons - et nous ne pourrons - aimer nos soeurs qu'en puisant à la source de l'amour infini et inconditionnel que le Christ nous porte, à chacune.
Le monastère est une véritable école de l'amour à la suite du Christ qui nous a aimés jusqu'à mourir sur une croix. A sa suite, nous essayons d'aimer en nous donnant à nos soeurs.
Le Pape nous dit : "Nos Fondateurs et Fondatrices ont éprouvé en eux la compassion qui prenait Jésus quand il voyait les foules comme les brebis dispersées sans pasteur. Comme Jésus, mû par cette compassion, a donné sa parole, a guéri les malades, a donné le pain à manger, a offert sa vie-même, de même les Fondateurs se sont aussi mis au service de l'humanité à qui l'Esprit les envoyait, selon les manières les plus diverses".
Les soeurs de Claire, lors de son procès de canonisation, racontent qu'elle était attentive aux personnes qui venaient au monastère et elle a guéri plusieurs malades en faisant le signe de la croix sur eux.
Claire et ses soeurs priaient aussi pour la ville d'Assise qui a eu à subir plusieurs attaques. Claire incitait ses soeurs à prier : "Mes très chères filles, tous les jours nous recevons de cette bonne ville quantité de secours; ce serait une ingratitude et une injustice si, au moment où elle en a besoin, nous ne lui venions pas en aide dans la mesure de nos moyens" (Vie de sainte Claire par Thomas de Celano, 23)
Et nous ?
Chaque jour, nous prions pour les intentions de prières qui nous sont confiées par mail, téléphone... Nous prions aussi pour les personnes en détresse, que ce soit dans les pays en guerre, ou victimes de catastrophes naturelles, etc.
Le Pape nous dit : "Vivre le présent avec passion signifie devenir "expert de communion". [...] Dans une société de l'affrontement, de la cohabitation difficile entre des cultures différentes, du mépris des plus faibles, des inégalités, nous sommes appelés à offrir un modèle concret de communauté qui, à travers la reconnaissance de la dignité de chaque personne et du partage du don dont chacun est porteur, permette de vivre des relations fraternelles".
Claire nous dit :
"Avec quel élan passionné du corps et de l'âme ne devons-nous pas accomplir ce que nous demande Dieu notre Père, afin qu'avec sa grâce nous puissions lui rendre multiplié le talent que nous en avons reçu ! Multiplié, car ce n'est pas seulement pour les autres que Dieu nous a destinées à être des modèles et des miroirs, mais aussi pour chacune de nos soeurs afin qu'elles soient à leur tour des modèles et des miroirs pour ceux qui vivent dans le monde. [...] Nous laisserons aux autres un noble exemple" (Testament de Claire, 6).

Et nous ?
En communauté, chacune met ses talents, ses dons, ses capacités au service de toutes. Celle qui est douée pour le chant ou la musique est précieuse pour aider à prier les offices, celle qui sait bien faire la cuisine est précieuse pour que les soeurs se portent bien, la jeune soeur apporte de la vie à la communauté. Même la soeur âgée dépendante est précieuse elle aussi car, en passant ses journées à dire des chapelets et à prier, elle aide les soeurs à bien vivre ce qu'elles ont à faire. Chacune apporte sa pierre à la construction de la comunauté et de la communion.

Le Pape nous dit : "Soyez donc des femmes et des hommes de communion, rendez-vous présents avec courage là où il y a des disparités et des tensions, et soyez signe crédible de la présence de l'Esprit qui infuse dans les coeurs la passion que tous soient un".
Claire nous dit :
"J'avertis les soeurs et je les exhorte en notre Seigneur Jésus-Christ, de se garder de tout orgueil, de vaine gloire, de l'envie, de l'avarice, du soin et de la sollicitude de ce monde, de la médisance et du murmure, de la discorde et de la division. Qu'elles soient au contraire toujours attentives à garder entre elles l'unité de l'amour mutuel, qui est le lien de la perfection" (Règle de Claire, 10,4-5).
Et nous ?
"Garder l'unité de l'amour mutuel", voilà bien quelque chose à laquelle nous sommes appelées en permanence et que nous essayons de mettre en pratique par des petites attentions, comme rendre des petits services gratuits, aider lorsqu'un gros travail arrive, demander pardon lorsqu'on pense avoir blessé une soeur, s'intéresser au papa malade d'une autre, etc.

"Embrasser l'avenir avec espérance"

Le Pape, à propos des différentes difficultés rencontrées (diminution des vocations, vieillissement, relativisme ambiant, crise économique, etc.) nous dit : "Ne cédez pas à la tentation du nombre et de l'efficacité, moins encore à celle de se fier à ses propres forces. Scrutez les horizons de votre vie et du moment actuel en veille vigilante. [...] Continuons et reprenons toujours notre chemin avec la confiance dans le Seigneur".

Lorsque les Sarrasins sont prêts à entrer au monastère pour tuer ou violer les soeurs, "les infortunées moniales se pâment d'angoisse, leurs voix tremblent d'affolement, elles courent se réfugier en sanglotant autour de leur mère. Claire, elle, ne tremble pas. Bien que malade, elle se fait transporter à la porte de clôture et demande qu'on la place face à l'ennemi avec, comme seule protection devant elle, la pyxide d'argent revêtue d'ivoire où se trouvait pieusement conservée le très saint Corps du Christ" (Légende de Sainte Claire 13,21)
Et nous ?
Claire est impressionnante de confiance en Dieu, face à un péril mortel. Comment faire pour garder confiance et ne pas se fier à nos propres forces, face aux difficultés ? Peut-être commencer par dire au Seigneur, comme le père dont le fils était malade : "Viens au secours de mon manque de foi !" (Mc 9,24)... Puis, prendre conscience de tout ce que le Seigneur fait dans notre vie. Il prend soin de nous, c'est impressionnant ; voici un petit exemple : il y a de nombreuses années, il y avait une inondation à la buanderie. Plusieurs soeurs ont pataugé dedans sans être électrocutées alors que des fils électriques étaient dans l'eau !
à suivre...
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