3e dimanche de l'Avent - année A - Mt 3, 1-12

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison,
des œuvres réalisées par le Christ.
Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda :
" Es-tu celui qui doit venir,
ou devons-nous en attendre un autre ? "
Jésus leur répondit :
" Allez annoncer à Jean
ce que vous entendez et voyez :
Les aveugles retrouvent la vue,
et les boiteux marchent,
les lépreux sont purifiés,
et les sourds entendent,
les morts ressuscitent,
et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.

Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! "
Tandis que les envoyés de Jean s'en allaient,
Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean :
" Qu'êtes-vous allés regarder au désert ?
un roseau agité par le vent ?
Alors, qu'êtes-vous donc allés voir ?
un homme habillé de façon raffinée ?
Mais ceux qui portent de tels vêtements
vivent dans les palais des rois.
Alors, qu'êtes-vous allés voir ?
un prophète ?
Oui, je vous le dis, et bien plus qu'un prophète.
C'est de lui qu'il est écrit :
Voici que j'envoie mon messager en avant de toi,
pour préparer le chemin devant toi.
Amen, je vous le dis :
Parmi ceux qui sont nés d'une femme,
personne ne s'est levé de plus grand que Jean le Baptiste ;
et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux
est plus grand que lui. "

Qu'elle est déconcertante, cette réponse de Jésus aux disciples de Jean-Baptiste ! Alors qu'on l'interroge sur son identité, Jésus parle à peine de lui. Il braque le projecteur sur les pauvres, les malades, les handicapés, les fragiles et les vulnérables de toutes sortes. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce sont eux qui expérimentent, les premiers, que les temps messianiques sont arrivés.
Les prophéties, comme celle d'Isaïe que nous écoutons dans la première lecture de ce dimanche, sont accomplies : Jésus relève, purifie, rend la vue et l'ouïe. Tous ceux qui sont guéris, qui retrouvent la vie, les pauvres qui accueillent l'amour de Jésus sont signes de sa présence parmi nous.

Alors aujourd'hui, si nous sommes dans le brouillard intérieur, dans l'épreuve, comme Jean-Baptiste au fond de sa prison, Jésus nous dit : " Regarde et écoute les pauvres, les malades, ceux que la société regarde de haut, ceux qui sont blessés dans leur corps et dans leur cœur. Écoute aussi le pauvre et le boiteux qui se cachent en toi. Ce sont eux qui te diront que, malgré les apparences, Dieu est à l'œuvre dans ce monde qui souffre. "

Vous allez me répondre que c'est bien beau, mais qu'enfin, quelque 2000 ans après ce récit, il y en a toujours tellement, de la souffrance ! Et c'est bien vrai. Mais en guise de réponse, je vous parlerai de Pascal. J'avais fait sa connaissance avant mon entrée au monastère. Pascal vivait dans la rue. Au fil des semaines, nous avions sympathisé et discutions souvent, parfois longuement. Je ne sais pas si Pascal croyait en Dieu, mais en tout cas il avait une confiance en la vie, malgré sa galère, qui forçait l'admiration. Sans le savoir, il m'a souvent " secouée " dans mes moments de découragement, et cela m'aide aujourd'hui encore.

Alors oui, je crois que c'est là que commence le Royaume de Dieu : Jésus est bien présent aujourd'hui dans notre monde, où il continue à guérir les cœurs blessés et ouverts.