24e dimanche du T.O. 2020 - année A - (Mt 18, 21-35)

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu Mt 18, 21-35

En ce temps-là, Pierre s'approcha de Jésus pour lui demander :
" Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ? "
Jésus lui répondit :
" Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à 70 fois sept fois.
Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait,
quand on lui amena quelqu'un qui lui devait dix mille talents
(c'est-à-dire soixante millions de pièces d'argent).
Comme cet homme n'avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait :
'Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.'
Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.
Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d'argent.
Il se jeta sur lui pour l'étrangler, en disant : 'Rembourse ta dette !'
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
'Prends patience envers moi, et je te rembourserai.'
Mais l'autre refusa
et le fit jeter en prison jusqu'à ce qu'il ait remboursé ce qu'il devait.
Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s'était passé.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
'Serviteur mauvais ! je t'avais remis toute cette dette parce que tu m'avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j'avais eu pitié de toi ?'

Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu'à ce qu'il eût remboursé tout ce qu'il devait.
C'est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur.
"


Comme dimanche dernier Jésus nous parle de pardon, c'est d'ailleurs la suite de cette longue instruction. Cela prouve combien la charité et plus particulièrement le pardon qui en est un des aspects difficiles, sont importants pour
Jésus et pour l'Église qui l'a mis deux dimanches de suite. De quoi s'agit-il ?
Quand Jésus répond à Pierre qu'il faut pardonner 70 fois 7 fois. Le chiffre 7 était un nombre presque infini, un peu comme notre 36 : il faut pardonner 360 fois 36 fois. C'est-à-dire toujours. Pourtant, quelqu'un qui passe son temps à nous offenser, il y va quand même fort et nous pensons, non sans raison, qu'il faut y mettre un stop. Essayer de lui faire comprendre avec humilité et douceur que cela commence à bien faire, d'accord, mais si vraiment on veut le "gagner", comme nous disait l'évangile de dimanche dernier, il faut commencer par lui pardonner du fond du coeur. Cela est vrai non seulement pour la fréquence des offenses mais aussi pour leur gravité.

Ensuite Jésus commence à raconter une petite histoire. La dette du premier débiteur (60 millions de pièces d'argent) est énorme et celle du second minime (100 pièces d'argent) mais l'attitude des deux créanciers est diamétralement opposée lorsque le débiteur implore leur pitié. Jusque-là, nous partageons l'indigantion du maître (et de Jésus) et nous pensons qu'il a bien fait de châtier le sans-coeur.
Mais voici que l'histoire se corse et nous met en cause. Cette fois, nous sommes moins fiers, car il s'agit de notre attitude vis-à-vis de Dieu. C'est vrai que nous offensons Dieu, très souvent, la plupart du temps en manquant de charité, c'est si naturel de manquer de patience envers quelqu'un qui nous énerve, de le juger sévèrement, de colporter ses défauts etc. Dieu nous pardonne sans cesse, à longueur de journée, parfois pour des pécadilles, parfois pour des fautes plus graves, chaque fois que nous revenons à lui pour implorer sa miséricorde. Mais en avons-nous conscience ? et avons-nous conscience de la différence énorme entre les torts plus ou moins graves que nous avons à pardonner et ceux que nous avons envers Dieu dont le Fils est mort pour le pardon de nos péchés ?