25e dimanche du T.O. 2020 - année A - (Mt 18, 21-35)

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu Mt 20, 1-16

En ce temps-là, Jésus disait cette parabole à ses disciples :
" Le royaume des Cieux est comparable
au maître d'un domaine qui sortit dès le matin
afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Il se mit d'accord avec eux sur le salaire de la journée :
un denier, c'est-à-dire une pièce d'argent
,

et il les envoya à sa vigne.
Sorti vers neuf heures,
il en vit d'autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
Et à ceux-là, il dit :
'Allez à ma vigne, vous aussi,
et je vous donnerai ce qui est juste
.'
Ils y allèrent.
Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures,
et fit de même.
Vers cinq heures, il sortit encore,
en trouva d'autres qui étaient là et leur dit :
'Pourquoi êtes-vous restés là,
toute la journée, sans rien faire ?'
Ils lui répondirent :
'Parce que personne ne nous a embauchés.'
Il leur dit :
'Allez à ma vigne, vous aussi.'
Le soir venu,
le maître de la vigne dit à son intendant :
'Appelle les ouvriers et distribue le salaire,
en commençant par les derniers

pour finir par les premiers.'
Ceux qui avaient commencé à cinq heures s'avancèrent
et reçurent chacun une pièce d'un denier
.
Quand vint le tour des premiers,
ils pensaient recevoir davantage,
mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'un denier.

En la recevant,
ils récriminaient contre le maître du domaine :
'Ceux-là, les derniers venus, n'ont fait qu'une heure,
et tu les traites à l'égal de nous,
qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !
'
Mais le maître répondit à l'un d'entre eux :
'Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi.
N'as-tu pas été d'accord avec moi pour un denier ?
Prends ce qui te revient, et va-t'en.
Je veux donner au dernier venu autant qu'à toi :
n'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ?
Ou alors ton regard est-il mauvais
parce que moi, je suis bon ?'

C'est ainsi que les derniers seront premiers,
et les premiers seront derniers. "


Si nous relisons cette histoire comme si c'était la première fois, en nous arrêtant avant la réponse de Jésus, est-ce que nous ne réagirions pas comme les ouvriers de la 1ère heure : "Vraiment ce n'est pas juste, nous avons travaillé beaucoup plus que les derniers, nous aurions droit à un salaire bien supérieur"? Est-ce qu'il ne nous arrive jamais d'être jaloux des autres, de trouver que des circonstances ou des personnes sont injustes envers nous ?
Pourtant à y regarder de près, c'est vrai que le maître du domaine n'est pas injuste envers les premiers : ils étaient d'accord pour un denier. On comprend bien leur déception et leurs récriminations et pourtant, c'est vrai, le propriétaire a le droit de faire ce qu'il veut de ses biens.

Alors, qu'est-ce que tout cela veut dire ? Qu'est-ce que Jésus veut nous enseigner avec cette petite histoire ?
Peut-être déjà que ce que Dieu nous donne est toujours gratuit, sans comparaison avec ce que nous lui donnons, nous n'avons droit à rien car c'est lui qui nous donne tout, même ce que nous essayons de lui donner.
Ensuite, il n'est pas égalitaire, chaque homme est unique à ses yeux, on n'a pas à se comparer aux autres pour se trouver supérieur ou penser qu'ils ont reçu plus que nous. Chacun est aimé de Dieu d'une façon unique et ce que Dieu cherche c'est donner à chacun non seulement ce qui lui est nécessaire (sans doute, dans le cas de la parabole, les derniers, des chômeurs, n'auraient pas eu de quoi vivre s'ils n'avaient été payés qu'une heure). Bien plus, ce que Dieu désire c'est que chacun soit pleinement heureux en goûtant la plénitude de son amour, c'est pour cela qu'Il nous a créés.

Tout cela me rapelle l'histoire de celui qu'on appelle "le bon larron", en fait de bon c'était un assassin et il s'est rattrapé juste au dernier moment. Avant de mourir il prend conscience de sa faute : "nous avons ce que nous méritons". Plus encore, il reconnaît que ce Jésus crucifié avec eux, non seulement il n'a rien fait de mal, mais Il est le maître du Royaume qu'il va retrouver après la mort, d'où sa prière "Souviens-toi de moi quand tu seras entré dans ton Royaume." La réponse de Jésus est surprenante : pas question d'aller en enfer, ni même de passer quelque temps par le purgatoire : "Aujourd'hui même tu seras avec moi au Paradis." C'est le premier canonisé de l'histoire qui après une vie de bandit a terminé son existence en volant l'accès au Paradis ! Et tous ceux qui ont eu une longue vie d'effort pour plaire à Dieu et aimer les autres, n'ont pas à en être jaloux mais ils doivent se réjouir de l'amour surabondant et gratuit de Dieu.
Nous passerons notre éternité à nous en émerveiller, alors, mieux il vaut commencer dès ici-bas.