TRESOR DE LA PAROLE

19e dimanche du Temps ordinaire

11 août 2019

Aujourd'hui... 2 textes vous sont proposés : celui du Temps ordinaire... et celui de la Ste Claire (11 août oblige !)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 12, 35-40)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces,pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins,les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

Quoi de neuf ?

Dans cette petite parabole, Jésus nous demande d'être des serviteurs en tenue de service, qui attendent le retour de leur maitre. Il semble que tout doit être prêt pour ce retour, dont le repas (ce qui en passant, semble incongru : si le maître revient de noces, a priori, il n'a plus très faim...). Mais ce repas, c'est ce maître qui va nous le servir !
Ainsi, si nous n'avons rien préparé... eh bien, il n'a rien du tout à nous servir !

On a donc tout à gagner à se tenir prêt.
Réalise-t-on que ce retour impromptu est tout à notre bénéfice ?
qu'il demande "juste" de la confiance et de la persévérance :
c'est sûr, Il va rentrer.

"S'il revient vers minuit ou vers 3 heures du matin
et qu'il les trouve ainsi,
heureux sont-ils !"

et de plus ancien ?

Cette semaine nous vous proposons de prolonger votre méditation avec ce texte de Théophylactus :
Après avoir établi ses disciples dans une sage modération, en les délivrant de tous les soins et de toutes les sollicitudes de la vie, le Seigneur les prépare aux oeuvres du ministère en leur disant : «Ceignez vos reins», c'est-à-dire, soyez toujours prêts à accomplir les oeuvres de votre Maître, «et ayez dans vos mains des lampes allumées», c'est-à-dire ne passez pas votre vie dans les ténèbres, mais ayez toujours la lumière de la raison pour vous montrer ce qu'il faut faire et ce qu'il faut éviter.
Le monde, en effet, est une nuit profonde ; avoir aux reins la ceinture, c'est être prêts pour la vie active et pratique. Telle est en effet la tenue des serviteurs, ils doivent avoir aussi des lampes allumées, c'est-à-dire le don de la discrétion, pour pouvoir distinguer dans la pratique, non seulement ce qu'il faut faire, mais comment il faut le faire ; autrement on s'expose à tomber dans le précipice de l'orgueil.
Remarquez encore que Notre-Seigneur commande premièrement de ceindre les reins ; en second lieu, d'avoir des lampes allumées, parce que la contemplation qui est la lumière de l'âme, ne vient qu'après l'action.
Appliquons-nous donc à pratiquer la vertu, de manière à ce que nous ayons toujours deux lampes allumées ;
l'intelligence qui éclaire toujours notre âme,
et la doctrine qui répand la lumière dans l'âme des autres.

Mais si vous venez ici (ou dans n'importe quel monastère de Clarisses) ce dimanche, nous célébrons la solennité de Ste Claire, notre Mère et fondatrice. Les textes de la liturgie sont différents et propres, d'où cet autre évangile : Jn 15, 4-10.
" Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour."

Quoi de neuf ?

Cette page d'évangile a été choisie pour refléter au mieux ce qu'a été la vie de Claire. On aurait pu choisir quelque chose sur la pauvreté, la suite du Christ ou encore en rapport avec le renoncement, ou la joie d'être avec Jésus... que sais-je ?
Là il s'agit de la demeure. Claire a vécu en retrait, pas pour dépérir à l'ombre d'un cloître, ou pour étouffer entre 4 murs. Mais pour être encore plus "connectée" au Christ. Pour être ce sarment lié à la vigne, qui en puise la sève pour vivre et donner beaucoup de fruits. Cette sève était son amour profond du Christ pauvre et crucifié, qui irriguait toute sa vie. Les fruits et leur fécondité se sont révélés dans la vie fraternelle à St Damien, dans un quotidien parfois difficile, dans le dénuement, la pauvreté, les épreuves & la maladie, vécus dans une joie profonde, l'action de grâce et la louange. Pas une louange béate, mais de celle passée à l'épreuve du feu, comme on révèle l'or. Celle qui fait dire à Claire avant de mourir : "Sois béni Seigneur, toi qui m'a créée !"
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