Il m'a aimé et s'est livré pour moi

 

" Votre conscience s’affine à méditer sur le sang de la croix répandu pour réveiller le cœur humain, pour le laver et pour enfin l’adoucir ; ou pour laver les souillures humaines, pour vivifier la mort et féconder l’aridité.
Qui est donc assez obtus pour se penser baigné de ce sang précieux et permettre que règne en lui la faute de la négligence, de la concupiscence, et de la malice ?

[...]

Lorsque l’âme commence à être habituée à cette suavité, naît en elle une faim si grande que rien d’autre ne peut la nourrir sinon de posséder parfaitement celui qu’elle aime ; parce qu’elle ne peut l’atteindre présentement, puisqu’il est loin, elle est continuellement en extase et sort au dehors au moyen de l’amour extatique, et s’écrie en reprenant les paroles du bienheureux Job :
Mon âme préfère la mort violente et mes os la mort, parce que, comme comme le cerf soupire après les sources des eaux, ainsi mon âme soupire après toi, Dieu."


St Bonaventure, de la Triple Voie 7 & 9

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