Il m'a aimé et s'est livré pour moi

 

Ô vierge du Christ, Ô servante de Dieu, tu peux, à partir de tout ce que j'ai dit, juger combien la mort et la passion de Jésus-Christ, ton époux très cher, furent honteuses, douloureuses, généralisées et prolongées.
Et il a supporté tout cela, pour t’enflammer d’amour pour lui, afin qu'à cause de tout cela, tu l'aimes de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit [Cf. Mt 22,37].
En effet qu’y a-t-il de plus bienveillant que ceci : que le Seigneur, à cause du salut de l'esclave, prenne la forme de l'esclave [Cf. Ph 2,7] ?
Qu’est-ce qui peut davantage préparer l’homme au salut, que l'exemple d’une mort supportée pour la justice et par obéissance à Dieu.
Qu’est-ce qui incite davantage à aimer Dieu, que cette si grande bonté par laquelle le Fils du Dieu Très-Haut "a livré son âme pour nous" [Jn 10,15], qui n’avions rien mérité mais tant démérité.
Cela est une générosité si grande que rien de plus miséricordieux, de plus généreux et de plus amical ne peut être pensé.
Cette générosité se révèle d'autant plus grande que, pour nous, il a voulu subir les souffrances les plus lourdes et les plus abjectes.
Dieu, en effet, "n'a pas épargné son propre fils, il l'a livré pour nous tous. Comment avec lui ne nous aurait-il pas tout donné?" [Rm 8,32].
Nous sommes, par là, invités à l'aimer et à imiter celui qui est aimé.

St Bonaventure, de la perfection de la vie aux sœurs 6. 9

retour aux "Pas" d'Angèle