Frère Diego d'Estella

franciscain espagnol (1524-1579)

 issu d'une vieille famille navarraise, prit l'habit franciscain après de fortes études à Toulouse et à Salamanque. Ses talents et ses vertus lui valurent la confiance de Philippe II qui le nomma théologien et prédicateur de la Cour. C'était un missionnaire ardent, mais son œuvre durable consiste dans ses deux grands ouvrages, deux chefs-d’œuvre de littérature spirituelle : le Traité de la vanité du monde et les Méditations très dévotes de l'amour de Dieu.

Le premier est un livre ascétique, mais tout inspiré de l'amour et de l'imitation du Christ : le thème de l'amour revient sans cesse dans cette ascèse. Aussi est-ce dans les Méditations de l'amour de Dieu, fruit de ses dernières années, que le pieux auteur est tout à fait lui-même, il n'a plus ici qu'à laisser déborder de son cœur cet amour qui avait été toute sa vie. En ces pages admirables, aussi solides par la doctrine qu'émouvantes par la ferveur, il expose, ou plutôt il chante les motifs, la pratique et les précieux effets de l'amour divin, et sa brûlante tendresse se communique au lecteur, qui ne pourrait trouver de méditations plus propres à allumer en lui la flamme de l'amour séraphique. Il n'est pas étonnant que saint François de Sales, Docteur de l'amour divin, l'ait admiré et utilisé pour écrire son Traité de l'amour de Dieu. On a pu le qualifier de « chef-d’œuvre de style et de pensée, de tendresse et de piété solide ».

L'œuvre de Diego d'Estella fut traduite dans toutes les langues. On ne pourrait trop regretter que de tels ouvrages, comme tant d'autres trésors du passé, soient aujourd'hui mangés par les vers sur les rayons perdus des bibliothèques.

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