Le combat dans la prière
Le bienheureux Gilles d'Assise, - un des tous premiers compagnons de François -, après la mort de celui-ci devint pour ses frères, un repère plein de sagesse, de bon sens. Aimant passer de long temps dans des ermitages, il a tout particulièrement l'expérience de la lutte dans la prière.

Un frère l'interrogea en lui disant : " Père, quel remède dois-je prendre pour pouvoir m'adonner à la prière plus volontiers, avec plus de désir et plus de ferveur ? Car quand je veux m'adonner à la prière je suis endurci, paresseux, aride et sans dévotion. "

Frère Gilles lui répondit:
" Un roi a deux serviteurs ; l'un a les armes pour pouvoir combattre et l'autre n'a aucune armure ; tous les deux veulent entrer dans la bataille pour combattre contre les ennemis du roi. Celui qui est armé entre dans la bataille et combat vaillamment ; mais l'autre qui est désarmé dit à son Seigneur : " Mon Seigneur, tu vois que je suis nu et sans armes, mais par amour pour toi, je veux entrer volontiers dans la bataille et combattre, désarmé comme je le suis. " Alors, le bon roi, voyant l'amour de son fidèle serviteur, dit à ses ministres : " Allez et revêtez-le de toutes ces armes qui sont nécessaires pour pouvoir combattre, afin qu'il puisse entrer en sécurité dans la bataille, et marquez toutes les armes de mon sceau royal, afin qu'on le reconnaisse pour mon fidèle chevalier. "


Et c'est ainsi qu'il arrive souvent à l'homme quand il va prier, c'est-à-dire qu'il se trouve sans dévotion, paresseux et l'âme endurcie ; mais pourtant il fait effort et, pour l'amour du Seigneur, il entre dans la bataille de la prière ; et alors notre Roi et Seigneur, plein de mansuétude, voyant son effort lui donne, par les mains de ses ministres les anges, la dévotion, la ferveur et la bonne volonté. "

Les dits du Frère Gilles, traduction André Masseron ; in I. Gobry ; p. 26


présentation de frère Egide
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