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m’unissant à l’agonie de Jésus, je fus plongée aussitôt dans un abandon total, sans secours, dans l’aridité d’esprit la plus pénible. Devant moi, je voyais la masse énorme de mes péchés et de mes ingratitudes. Mon âme succombait à la plus amère contrition. Une sueur froide inondait mon corps qu’agitait un tremblement convulsif. Mes forces s’en allaient, mon esprit s’obscurcissait. Je me mis à supplier Dieu.

« Où êtes-vous, mon Seigneur ? Pourquoi me laissez-vous dans un tel abandon ? Cependant que votre volonté soit faite ! Non quod ego volo sed quod tu, disais-je, et je répétais : in manus tuas, Domine, commendo spiritum meum. » (1)

J’étais comme morte sous la violence de tant de maux, mais ma plus grande peine, c’était l’abandon de Dieu. Celle-là ne peut se décrire.

Jésus me dit que je devais rester vingt-quatre heures dans ce tourment de son agonie. J’en serai morte sans l’aide du ciel. Dieu voulait, par là, me faire beaucoup de grâces.

Ste Véronique Giuliani

1 : non pas comme je veux mais comme tu veux; en tes mains, Seigneur, je remets mon esprit.