Celui qui souffre, c'est ton frère

Imagine qu'un jour, alors que tu regardes à la télévision les images de quelque catastrophe - un accident de train, un accident de la route, l'écroulement ou l'incendie d'un édifice - et soudain tu reconnaisses parmi les victimes un parent proche,ta mère, un frère, ton mari. Quel cri sort de ta gorge ! Quel changement de ton coeur par rapport à l'instant d'avant ! Quel intérêt tout autre à cet événement ! Que s'est-il passé ? Quelque chose de très simple : ce qu'avant tu ne percevais qu'avec les yeux ou le cerveau, à présent tu le perçois avec ton coeur. Eh bien, c'est ce qui devrait arriver, au moins dans une certaine mesure, quand nous voyons défiler devant nos yeux certains spectacles hallucinants de misère. Sont-ils ou ne sont-ils pas nos frères ? N'appartenons-nous pas à la même famille humaine et n'est-il pas écrit que nous sommes membres les uns des autres (Rm. 12. 5) ?

Avec le temps malheureusement, on s'habitue à tout et nous nous sommes habitués à la misère d'autrui. Elle ne nous impressionne plus autant, nous l'acceptons comme quasi inévitable et qui va de soi. Mais mettons-nous un instant du côté de Dieu et essayons de voir les choses comme il les voit.

Il en est d'un père de famille ayant sept fils et qui, à chaque repas, assiste à la même scène : deux fils qui à eux tout seul s'accaparent presque tout ce qu'il y a sur la table, laissant les cinq autres l'estomac vide. Un père peut-il rester insensible à une telle chose ?

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P. R. Cantalamessa ; Aimer autrement ; p. 149